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Objectif Ventoux
Ultra Tour de Camargue
Ultra Tour du Caroux
Fortich'OFF
Ventoux Hivernal
6000 D du Ventoux

Mercredi 16 mai 2007

4 ans, boudiou, 4 ans déjà que je n’avais pas remis les pieds dans ce charmant village. Le PUF (Paysage Ultratrail Français) a bien changé depuis, et pourtant, c’était hier. Ca sent un peu le pèlerinage finalement ce retour aux sources. C’est ici que j’ai rencontré mes vrais premiers UFOs en chair et en os (François et Rémi), que je me suis attaqué à mon premier Ultra-trail, que j’ai fait ma première course avec frontale …..Il y a 4 ans, j’étais à la place d’Olivier (Néo), pile poil, stressé, inquiet, pas du tout sur de mon coup, sûr de rien d’ailleurs, comme à chaque première fois. En 2003, cette course aux saucissons (avec des bouteilles de vins en guise de saucissons), c’était déjà de l’Ultra-confidentialité dans un calendrier d’ultra-trail dépouillé. On discutait d’une course qui allait se dérouler fin août du coté de Chamonix, les inscriptions ne faisaient pas le plein pour cette future première édition quelques peu intrigante. Le PUF a bien changé. Aujourd’hui, c’est 2 ultra-trails qui se percutent à 100 km (un signe ?) de distance. Au Nord (plus frais ?) dans la Drome ou ici en Vaucluse, le programme est similaire.

Depuis plusieurs mois, avant même de connaître les nouveautés du calendrier 2007, je voulais revenir ici. Le but : mesurer mes progrès après les 18h53 de 2003. J’en ferais de même fin octobre du coté des Templiers, mon premier trail en 2001. Finalement, nous serons 141 au départ, joli peloton dans ce calendrier prolifique où il est rare d’envisager d’enchaîner toutes ces épreuves qui nous font envie. Ce n’est pas moins d’une dizaine d’Ultra-trail qui se bousculent entre mai et juin et forcément, le peloton se répartit sur ces épreuves.

Du coté du bonhomme (moi), y a au moins un signe qui ne trompe pas. Après avoir traîner une immonde tignasse pendant quelques semaines, je passe chez le coiffeur. Ils sont bizarres ces coureurs !!!. En fait, j’en connais certains qui lavent leur voiture avant un grand rendez vous, moi, c’est le coiffeur. Quelques grammes de moins mais surtout comme un sentiment de liberté qui s’installe. Non ne cherchez pas à comprendre …..c’est juste un signe chez moi qu’un grand rendez-vous sportif s’annonce. Coté forme et ambition, j’ai pas mal expérimenté ces dernières semaines et finalement, j’ai juste envie d’être à mon niveau du moment, de ne rien gâcher. J’ai 3 kilos en trop que j’ai méticuleusement entretenu à coup de Smartys et plaques de chocolat dans la semaine, j’ai fait une nuit très light le jeudi soir, Enzo est malade et encore plus light le vendredi soir, levé à 2h mais, j’y suis habitué …depuis presque 3 ans. Après quelques OFFs, un Trail de la Sainte Victoire expérimental et un Trail des Balcons d’Azur en meneur d’allure, je veux juste aller à mon rythme. Je sens que le printemps est là et que, petit à petit, la forme arrive avec les beaux jours. Je sais aussi, que sur cette course, les champions du peloton ne seront pas là et que, si tout va bien, je pourrais peut être espérer rentrer devant, dans les 10 ce serait génial, j’ai jamais fait (11ème du Roc de Chartreuse en 2006). Le vainqueur du jour, je le connais à l’avance parce que finalement, il y a bien, sans faire injure au 140 autres, un caïd au départ. Sans surprise, Serge Barthes nous collera à tous au moins 2 heures (jardinage compris). Je prends quand même le soin de glisser à Sandra « Y a la remise des prix le dimanche à 10h, peut être qu’on ira pique-niquer là bas hein …. ». Voilà pour l’état d’esprit : après les 6 erreurs de la Sainte Victoire, j’aimerais jouer juste, sans aucune erreur.

La tenue du jour ne change pas d’un millimètre depuis presque 2 ans. Heureusement que les dossards permettent de différencier les photos sinon, on dirait que je fais toujours la même course. La grosse nouveauté, éternel testeur (ça va bien s’arrêter un jour), c’est la gestion du liquide. 2 bidons comme d’hab mais, un pour l’eau, l’autre pour l’isostar. L’isostar justement, je le doserais avec des pastilles glissées dans une poche zippée bien pensée de mon collant, pile sur la fesse. Si je tombe, j’aurais de la poudre :o). Coté stratégie, rien de précis. J’espère une course linéaire et j’ai rapidement regardé que ça pourrait donné un 6h en haut du Ventoux (km 42) et un 8h à Brantes (Km 58). Par contre, précieux allié, je vais partir avec mon GPS en mode « partenaire virtuel qui lui court en 14h ». Ainsi, je saurais où j’en suis plutôt que de faire de « savants » calculs à la volée.

Naturellement, évidemment, les zufos présents qui se connaissent se rassemblent au départ. L’air est déjà chaud et les manchettes de cyclistes s’apprêtent à faire le Grand Raid du Ventoux accrochées au sac à dos. Comme une évidence, je vais courir avec Stéphane. On se connaît de la Fortiche d’abord, puis de quelques OFF ou ON par ci par là et surtout, une grande complicité s’est créé du coté de la Maurienne l’été dernier et depuis, les échanges fusent entre les membres de cette tribu dans la tribu, les « forticheurs ». Logique en somme pour des gens qui pratiquent le même sport mais encore plus dans sa version ultra-montagnarde.

On part. Le café du commerce s’installe. On ne s’est pas vu depuis ….3 semaines. Ce monde pourrait être OFF finalement, comme cette course d’ailleurs, si un dossard ne traînait pas sur la ventrale de mon sac. Je suis plutôt le donneur de rythme en montée, sans un mot, comme une évidence. J’impose les séquences de marche et de relance et Stéphane, plus véloce, s’éloigne irrémédiablement dans les descentes. Un salut à Phil et on franchit le premier (qui sera aussi le dernier) col, le Col du Cayron, gentillé. C’est parti pour 6 Km de descente, sur larges chemins, sur petites routes bucoliques, pente douce ….ici, le bonheur est même sur la route , et oui, c’est possible ! Qu’il est bien ce départ en douceur, sans précipitation, sans bouchon ni bousculade. Ca me fait penser à une étape de Montagne des cyclistes de juillet. On sait tous que la course commencera sur les pentes du Géant et bien après dans la chaleur du Toulourenc. On a le temps et on le prend. Mais au fait, y a-t-il vraiment une course ? Combien de coureurs vont se préoccuper de leur classement à l’arrivée ? 10, 20 ….la plupart sont là pour finir, c’est évident et finir ce genre de ballade, c’est sûrement être vainqueur, pour beaucoup.

Premier hameau, ça remonte légèrement. Steph a filé ; Pas de soucis. Nos niveaux sont très proches et je sais que sans soucis, on devrait être en parfaite osmose jusqu’au pied du Géant. Je marche. Le petit groupe où j’étais continue au petit trot, derrière, on me remonte. A la relance, je suis efficace, plus véloce que les coureurs qui m’ont doublé ou qui s’éloignent. Je reviens sans effort sur eux. J’ai marché 50 mètres, pas eux. Un autre coucou à un autre UFO qui traîne par là, Manu et je retrouve Stephane. Blablabla, marche, course, les écarts sont importants et l’on sent bien que la course risque d’être solitaire pour beaucoup.

Coté balisage, déjà quelques alertes. Rien de grave, juste des positionnements de rubalises quelque peu déroutants. La vigilance sera de mise toute la journée mais malgré ça, qui n’a pas fait sa séance de jardinage ? pas moi, pas steph. Premier mono-trace, charmant et il est temps de s’offrir ce petit plaisir. On accélère, relance, tourne, vire ….le pied. Puis c’est séance d’escalier, traversée de route et re monotrace à la montée cette fois ci. J’alterne course et marche ; la pente n’est pas très raide. Devant, ça court non stop. Derrière, je sens que Steph est circonspect. « Tu marches ou tu cours ? » « Ben, les deux, au feeling, comme je sens ». Ben ouais, c’est mon rythme « biologique » qui me guide et, comme pleins de coureurs plus tard, Steph ne va pas trop aimé ce rythme saccadé sur une portion régulière. Oui, mais la pente n’est pas très raide alors, si on court tout le temps, on se fatigue, si on marche non-stop, on traîne. J’alterne. A ce petit jeu, on bascule au sommet avec les coureurs « non stop » qui nous précédaient.

Le Lac du Paty est devant nous. Premier ravito, Km 18 en un peu plus de 2h. On dirait qu’on est parti depuis 10 minutes. Le jour s’est levé. Le raidard qui va suivre est le vrai premier de la journée. Bien raide, il permet de rejoindre le col de la Madelaine qui sépare Bédoin de Malaucène. Pause technique et je rejoins Stéphane. Y a plus de monde par ici, des coureurs en relais, des coureurs du 58 km partis 15 minutes après nous. Nous allons attaquer une des parties les plus techniques du jour. De bloc en bloc, Stéphane m’avoue ça légère surchauffe et son enthousiasme devant un tel spectacle. Le Géant est devant nous, tout là bas, il nous attend. Steph n’est pas mal, loin de là mais le rythme que je donne à la montée est un peu rapide. Après tout, il fait de même à la descente. Rien de grave, nous ferons le point en bas du Géant. Et puis finalement, si je le distance dans la montée de 1500 m+, ce sera ça de pris. Je pense qu’il me faudra bien 10’ d’avant en haut pour pouvoir descendre à mon rythme et le voir revenir. Mais bon, on n’y est pas. Première belle descente technique. Stéphane trépigne, passe et s’envole. Wouais, 10’ au moins en haut ( :o).

On est au pied et il va s’agir de jouer à saute-mouton le long des combes, en bordure de vignes pour attraper le ravito et le début de l’ascension. 5 Km à la poursuite de Stéphane qui s’est rudement bien remis. Du coup, c’est lui qui donne le rythme et c’est moi qui prends un coup de moins bien. Pas d’affolement. A coup de relance, ça ne m’empêche pas de le tenir à vue et de reprendre et distancer quelques coureurs. La forme le Steph !.

2ème ravito – 3 heures et quelques de course, Km 27 environ. On m’annonce 26ème. Mes pastilles de boisson énergétique font merveilles sur ces ravitos 100 % eau pure. J’aime bien ces petits gestes précis. En 20 secondes, j’ai deux bidons pleins dont un d’isostar, les mains libres pour me gaver du solide proposé et repartir. On retrouve Jérôme et on repart en petit groupe. Là aussi ,la vie sans bâtons est synonyme de liberté.

Au programme, une ascension du Ventoux originale. Habitué des montées linéaires, je vais apprécier que très moyennement cette ascension en trois morceaux. Mais bon, y a pas la choix. Ca commence par une rivière asséchée, roulant comme une piste de canyonning sans eau, puis dans des gorges profondes et fraîches. Rapidement, je me mets en mode course. Stéphane est surpris mais me suit. Encore une fois, la pente est faible et la course n’est pas moins pénible que la marche sur ces sols instables. L’avantage, c’est que ça va bien plus vite et que les passages « galères » durent deux fois moins longtemps. Stéphane se rappelle d’un coup qu’il était en forme avant le ravito, il me passe et assure toute cette partie technique devant. Même les relances lui viennent par goût. On distance et remonte quelques coureurs. Ca ne m’étonne pas. Perso, c’est mon point fort la montée. D’un coup, on voit remonter un gars. Il nous dépose comme deux bouses. « Je croyais qu’on montait plutôt bien » me sort Stéphane. Mort de rire. Je le croyais aussi. Mais à propos de bouses, c’est à la fin qu’on les compte non ? alors …..on verra à l’arrivée.

Tient, j’en ai pas causé depuis le départ mais, c’est bien sans bâtons que j’ai fait cette ballade. Sans regret jusqu’alors, parcours « facile » ou trop technique, je vais quand même pensé très fort à eux dans les kilomètres qui suivent. Je crois même que je les ai appelé à un moment :o). Sinon, j’ai fait sans, les ai oublié et même si au plus dur de la pente, régulière de la combe Fiole je les aurais apprécié, ils n’étaient pas nécessaire à mon sens. Mais, de la à ne pas les prendre fin août ? la régularité des grands cols de l’UTMB me semble très propice à ce joujou.

Donc, première partie techni-trail passée, on débouche sur un petit ravito. Les ruines de la bergerie sont idylliques pour une sieste dans l’herbe grasse qui l’entoure mais on n’est pas là pour ça, le Géant nous attend. On rejoint un coureur à ce ravito. On la joue express et on s’attaque au « chemin du facteur «  (où pour l’anecdote Dawa passe en courant lui ..c’était au trail du ventoux 2004). Notre efficacité diabolique dans toutes les parties « faciles » du parcours nous permet de distancer ce coureur. Ravito express, relance sur les 3 centimétres de plat, Steph qui fuse en descente …diabolique. Dans la pente infernale de ce passage, 30% au bas mot, le coureur revient, peu à peu, pas à pas. En haut, il est à 20 métres. Re-ravito, re-express, on ne le reverra plus. Diabolique !!!!

Petite route goudronnée pendant quelques centaines de métres. « Hop, c’est en bas ». « Merci Steph, j’avais pas vu. D’ailleurs, c’est dommage parce que si on continue cette route goudronnée, on sera vite en haut ! ». C’est partie pour 200 m de dénivelé négatif. Heureusement que la vie est belle, la forme honnête et la bonne humeur de la partie parce qu’il y a de quoi démoraliser un peloton qui, en regardant le profil du jour pouvait lire « ascension linéaire du Ventoux ». Bref, au jeu du « Pac-Man », on rejoint encore un coureur et enfin la combe Fiole est sous nos pieds. On nous annonce 15 et 16ème. Génial. On repart avec le 14ème et le 17ème Il s’éloigne, fier grimpeur qu’il est. D’un coup, je pars en courant. Dans ma tête, les barrières tombent, je revois Vincent Deleb’ dans une vidéo de l’UTMB en train de courir en haut du Grand Col Ferret. Je suis en train de désacraliser ces grands cols. Un replat, c’est un replat où qu’il soit. Steph n’ose pas, il marche. Je reprends sans peine le fier grimpeur. Quand la pente s’accentue, il est temps de le laisser filer, j’ai pas son niveau ni ses bâtons. Steph revient, à l’ouvrage. Je ne suis pas « flambe ». La sublime combe Fiole est son profil exponentiel est égale à elle-même. C’est ça mon Ventoux. D’un coup, on file à gauche. Les 400 m+ ne se feront pas tout droit dans le kilomètre restant pour rejoindre le col des Tempêtes sous le sommet mais en 2 kilomètres plus « touristiques ». On rejoint la route. D’un coup, c’est l’effervescence. Il y a des coureurs partout, certains en train de remonter par la route. J’ai les boules ! Rien contre eux bien puisque moi aussi j’aurais pu le rater mais énervé parce que c’était une évidence que ça devait arriver et que ça arrivera encore. J’estime à 30/45’ la ballade dans la Combe Fiole. Au sommet, nous pointeront 31 ème !!!!!

Mais on n’y est pas. Qu’il est beau ce final, sans vent, sous le soleil. Juste une fine brume nous gâche un poil le panorama. On voit au loin les coureurs qui s’égrainent sur le pierrier final. Eh, Steph, y a un replat (et pas qu’un photographe), on recourt. Ca repart. On rejoint Jérome sous le sommet et on arrive en haut en 6h20 pour 42 kilomètres. Comme neuf !

Ce sera la pause la plus longue. 5 bonnes minutes. Photo souvenir, ravito mais aussi pour essayer d’informer les pointeurs des erreurs de parcours. On repart. Nous sommes avec Jean Marc, virtuose de la descente. Pour m’être fait peur en 2003 dans une tentative d’aller au plus court dans ces épingles sommitales, je suis bien décidé à, sagement, me laisser glisser gentiment sur ce mono-trace. Mais voilà. D’entrée, ça part fort, Jean Marc devant. Stéphane suit, il shunte la première épingle, la deuxième. L’exercice est scabreux, limite correct si l’on en croit le balisage et même si la plupart des coureurs auront fait ça. J’en cause 2 mots à Steph d’autant que c’est zéro plaisir dans ces pentes à 40% où, une fois le pied au sol, on dévale encore de 5 mètres avant de pouvoir enchaîner. Bref …pas terrible.

Retour au calme. Mes deux compagnons de route tracent. Steph doit faire une pause Coca Sandwich plus bas. Comme depuis ce matin, je me retrouve seul en descente. Je m’efforce de maintenir un bon rythme, supérieur à celui que j’aurais eu sur une course « individuelle ».

Prés du Mont Serein, Stéphane est encore en vue, plus pour longtemps. On file à l’est, en sous bois pour une longue descente des plus roulantes sur monotrace avant de retrouver la piste forestière. Mon GPS m’indique les kilomètres restants à descendre et m’incite à la prudence. Je pense beaucoup à Guillaume sur ce passage, à ces presque 10 Km de moyenne et à sa folle vitesse descensionnelle que j’imagine sur ces sentiers très cleans.

Le rythme est bon, élevé pour moi. Je mettrais au final environ 1h30 pour les 15 km de descente.

J’y suis. La piste, longue, monotone. Pas loin de 7 Km à ce régime. Un coureur du relais me rejoint, on discute puis, il file. Stéphane est très loin. Je me dis à ce moment là qu’il a du filer, que je ne le reverrais probablement pas. Coté météo, c’est saisissant. On est passé sous les 1000 m, il est prés de 12h, le large chemin est plein soleil. Ca cogne dur. D’un coup, au loin, je vois la maillot orange de Steph. Quel fair-play, il m’attend. Je le rejoins. Cuit, il me dit être cuit. Bizarre quand même après un départ si virevoltant. En fait, c’est un montagnard qui manque d’air en descendant de ses montagnes. Il étouffe. On partage son coca et son sandwichs (oui, mais c’est lui qui les porte ….ça sert à ça les sherpas :o). On relance. Ca descend et Stéphane est derrière. Glups, ça va plus, pas normal sur ce terrain qui lui est favorable. Enfin la route. Les ruines de Brantes sont devant nous. Le raidard pour rejoindre le ravito ne sera pas commode. Un coureur nous passe. Jean Marc, compagnon du sommet du Ventoux est déjà loin. Passage du Toulourenc, la chaleur est accablante. Stéphane me dit de filer. On verra au ravito. Je grimpe proprement ce raidillon. Le coureur qui nous a passé en fin de descente n’est pas loin. D’un coup, je le vois trottiner dans un passage pavé des plus pentus. Epatant. Nous y sommes. Une pause s’impose.

Classique, festif, c’est la première fois que je vois des fraises au ravito. Je profite d’un petit muret pour sortir ma fiole d’huile d’Arnica. Ce sera le seul auto-massage de la course. Deux minutes. Stephane repart. Je le rejoins. Conscient de ses soucis, de la chaleur, il me demande de filer. OK, je porte le flambeau des forticheurs du jour. Une autre course commence. Je voulais arriver à Brantes frais, pas trop entamé, c’est fait. On y est passé en 8h pile. La course d’équipe à fait merveille et c’est sans aucune usure que je me lance dans ma course. Je connais bien le parcours pour l’avoir fait en 2003. 2003 c’est loin, mais, merci papa, merci maman, j’ai une mémoire visuelle d’éléphant. Je me souviens de tous les détails. J’ai aussi pris le soin de relire un vieux CR la semaine d’avant. Le col qui s’annonce est très surfait. Pas trop dur. Jean Marc est finalement pas trop loin, juste devant, il court. J’alterne course et marche, marche pour récupérer et relance efficace et, petit à petit, je remonte. A la route, à mi col, je suis avec lui. Devant, un coureur à 100 mètres. Tel un métronome, Jean Marc ne cède rien, toujours en courant. Je m’efforce de le suivre. La seconde partie du col est plus pentue,je pense pouvoir le suivre et j’insiste donc à la course jusqu’au pied de ce raidard. Mais voilà, ça me scie les pattes. Jean Marc m’a asphyxié sur ce long plat courru. Nous sommes maintenant 3, nous avons repris le coureur mais je ne suis pas super. A la marche, sur mon terrain, ils s’éloignent. Le second coup de moins bien s’annonce. Je ne le saurais que bien plus tard mais Jean Marc va se perdre au prochain embranchement, comme beaucoup de coureurs. Un terrain de cross que je n’ai même pas vu avait un balisage similaire à celui de la course. Bienvenue à Jardiland. Sans rien savoir, souvenir de 2003 en tête, je file. Le moral est en berne. J’hésite un instant à attendre Stef. Il reste 38 Km (s’il y en a 100 …109 en fait) et finalement, on était bien ensemble. La descente m’ennuie. Je repense à Jean Marc qui m’a posé en descente puis en montée. Il doit être loin. A l’aplomb du pont qui enjambe le Toulourenc que je vais bientôt emprunté, je vois passé un coureur tout de noir vêtu. C’est forcément Jean Marc. Je fais un pointage. Quand j’y arrive, j’ai 5 minutes de retard. J’ai perdu 5 minutes en 20 minutes. Du moins le crois je.

Je suis maintenant sur une longue portion torride de route qui longe le Toulourenc avant de nous mener dans ses gorges. Un coureur revient. Malgré le peu d’entrain, l’envie de pétanque et les idées qui me viennent que c’est bien chiant ce sport et que vous ne me verrez pas fin août, j’avance pas mal. Mes séances avec Antranik au Trail d’Azur et Stéphane en début de course m’ont bien servi. Ces deux zozos étant bien plus rapides que moi dans ces portions roulantes, je me suis efforcé à aller un poil plus vite et surtout à rétrécir mes sections de marche pour ne pas trop les retarder. J’en retire ici les bénéfices. J’arrive à progresser d’un bon pas. Je discute rapido avec ce coureur de relais et il s’en va. Nous ne faisons pas la même course. D’un coup, au loin, tendance très loin, je vois réparti sur 300 m, 4 coureurs. Tient, c’est cool ça. J’ai des objectifs à aller chercher. Je pense à autre chose. Finalement, ça tient à peu le moral d’un coureur d’autant que je ne sais pas s’ils sont relais ou individuels. Et j’alterne toujours scrupuleusement course et marche. Marche en faux plat montant, belle relance. Je vais même me surprendre à jouer de l’alternance « course au soleil », « Marche à l’ombre ». Ben oui, je profite ainsi au max des instants de fraîcheur. Eh, ça cogite mine de rien un coureur …surtout quand ça chauffe !!!

Passage du petit pont. C’est là qu’habite sûrement un sacré crétin. Explication : Le GR, puisqu’on suit un GR, part droit dans la pente, perpendiculairement à la rivière. Ca monte dur, 20, 30 m+ au moins. En haut, c’est une cinquantaine de mètre à flanc de colline et on replonge pour 30 m- pour rejoindre le bord du torrent. En bas, on est à 50 mètres du petit pont et il est fort probable qu’on vienne de faire le tour du terrain d’une mec super fun qui ne voulait pas de GR sur son armas. Allez, on s’amuse.

J’ai retrouvé mon collègue du relais qui s’était paumé. Salut, re-salut et tchao …il s’en va. Instants de fraîcheur en bord de gorges. On entend les baigneurs pas loin. Je rejoins le numéro 1. Cuit, il est au ralenti. Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Mon moral remonte. Je rejoins ainsi deux ou trois autres coureurs dans cette montée chaotique. Mes relances sont assassines. Je les sens comme telle. Au sommet, c’est la fournaise sur un long sentier en balcon. J’y re-retrouve mon pote relayeur. Victime de crampes, il squatte les services d’un randonneur. Re-re-salut et cette fois bye bye, je ne le reverrais plus. Longue descente maintenant pour rejoindre la route de Veaux. Je ne regarde plus devant mais derrière. C’est sympa de doubler mais ça ne dure jamais trop et je m’attends, sur ces terrains défavorables à voir revenir les coureurs doublés. Que nenni. J’arrive au ravito.

On m’annonce 7ème. Le 6ème part à l’instant. Je n’en reviens pas. Je n’explique pas ce classement. La chaleur sera une explication, la MotoCross une autre, le balisage en général m’aura plutôt été favorable. Non, je n’ai pas des potes chez « moto verte », non je n’ai pas coupé. Mais c’est vrai que le duo « je connais le coin et je l’ai fait en 2003 », ça m’a sûrement servi.

Je repars. Dans ma tête, Jean Marc est devant, intouchable mais pour le reste ….Yoyo_compétiteur is back. Un kilomètre de route devant moi et le 6ème à 50 mètres. Je suis le chasseur. J’alterne toujours mais lui marche et du coup …je reviens. Quelques mots parce qu’on n’est pas des sauvages mais je compte pas en rester là. Ca monte encore. Je repars en courant. Lui non. Bingo, l’effet psychologique ferra le reste. Il est temps de s’attaquer à une partie difficile du parcours. 4 Km de franchissement de combe des plus sévères. Et le soleil plombe toujours. Dans la première combe, ça revient. Je ne m’affole pas. Mon arme du jour est pour là haut. Bingo, ça marche encore. Je relance et m’éloigne. Nouvelle combe. Le père Noël est devant moi. J’étais le plus heureux 6ème et je vois devant moi le 5ème. Je crois reconnaître le furieux grimpeur du pied de la combe Curnier. Un mot amical alors que je le rejoins en sommet de combe. Histoire de ne pas laisser le doute s’installer, j’enchaîne tout de suite en courant. C’est génial.Je m’éloigne encore. Le plus fou dans cette histoire, c’est le coté très naturel de cette technique. Comme un réflexe, ça repart dès que la pente se calme, sans effort. Petit ravito improvisé au carrefour suivant et je repars sans traîner, histoire d’enfoncer le clou. Je dois, dans ce secteur et jusqu’à l’arrivée d’ailleurs, passer plus de temps à regarder derrière que devant. Pas sur que ce genre de classement se reproduise de ci tôt mais l’option « rétroviseur » devrait exister sur les sacs.

Je rejoins un relais, paumé depuis 30 minutes sans voir de rubalises. Curieux. J’avais observé sur le parcours du jour, sur le site de la course qu’il s’agissait le plus souvent de suivre des morceaux de GR de village en village. Précieux détails, je me suis pas mal appuyer la dessus durant la course dans les longues sections sans balisages. Le GR était bien marqué lui. Le coureur me suit, à l’embranchement douteux on suit le GR et bingo, 5’ plus tard on revoit une rubalise. Il passe (ben wouais, c’est un relais). Je ne connais pas la parcours qui mène à Sainte Marguerite. Je suis encore sur les bases de 14h. Finalement, je suis bien derrière lui. Ca dure bien 15/20 minutes puis je passe. Les jambes fourmillent, je suis bien , je m’éloigne.

Voilà Sainte Marguerite. On m’annonce Malaucéne à 6 Km. « Hein, quoi, je pensais qu’on n’y passait pas ? ». Bon, ben il faudra rajouter une heure. J’appelle Sandra pour l’informer. Je repars seul quand, au pied d’une bosse, je vois revenir sur moi une balle, euh, un coureur. Beau gabarit, jambes effilés,je vais pas faire un pli me dis je. Oui mais, on est au pied d’une bosse. Je le soupçonne d’être revenu au prix d’un bel effort sur le plat précédent (j’avais pris soin de me retourner pour la 8569mé fois), voire d’un zappage de ravito. Il est à 20 mètres. Je me dis « OK, tu reviens, mais va falloir le mériter ». Je garde un bon rythme. Je suis sur mon terrain, la bosse, la confiance est énorme et c’est pas souvent que je me fais poser la dedans …!!!. Je m’applique. Au sommet, devinez quoi ? Et oui …..il recule. Les 20 mètres du pied font beaucoup plus maintenant. Je repense à Steph. On avait discuté de ça dans la montée du Ventoux. Du coup du « je reviens et j’explose ». On m’annonce Malaucéne à 4 Km que de descente. Je commence à allonger. Encore 3 heures de course mais je ne faiblis pas. Finalement, les 4 Km de descente seront coupés par une petite remontée mais j’arrive bien seul à Malaucéne. Je reconnais le coin. C’est le restaurant au pied du Ventoux, dans le virage au pied de l’ascension. Grosse ambiance. On m’annonce 4 ème. Cherchez l’erreur. D’un autre coté, des erreurs comme ça, y a pire. Je repars alors que le coureur rouge arrive. Je lui ai pris 2/3 minutes.

Nouveau passage que je ne connais. On longe l’ascension routière du Ventoux coté nord. Passage sur la route alors qu’un cycliste dévale. Tout va bien. J’alterne encore. D’un coup ….bienvenu dans un champ d’olivier. Et merde. Tout s’écroule. Je me suis planté. Ca devait arriver, à moi aussi. J’enrage. Je jardine 2 minutes et demi-tour. Finalement, le coureur rouge, 5ème arrive. On repart et on se partage les deux cotés du champ. Moi à droite, lui à gauche. Rapidement, je vois le panneau …propriété privée. Ce n’est pas là. Je repars et vois arriver le 6ème. Ca sert à quoi que Yoyo il se décarcasse !!!! Bon, ça sert à rien de tergiverser. Je prends les choses en main. Ce sera en free ride à travers la garrigue pour rejoindre la route. Le 5ème me suit. Le 6ème persiste, on le distance sur la route et il ne reviendra pas. Rapidement, je reconnais la route, l’avantage d’être local. C’est évident que le vrai parcours coupe cette route, qu’il y aura donc des bénévoles à ce point. On trace vers Malaucéne. Bingo, on aura perdu 15/20 minutes, fait un ou deux kilo en plus mais on retrouve les bénévoles. Nous devons maintenant traverser les vignes pour rejoindre le pied du Col de la Chaîne. Le coureur rouge a bien compris l’histoire de tout à l’heure. Je lui ai fait mal en bosse et il m’a repris à plat. Il se venge. Il accélère, je m’accroche. Ce coureur, je ne le saurais que bien plus tard mais je le connais, de nom, Luc Dumont Saint Priest. Transgaulois je crois bien et nous avons un pote commun …BeaujolaisRunner. Je saurais aussi bien plus tard qu’il a fait une heure de moto-cross sans moto au dessus de Brantes. Alors, finalement, le classement ……Donc, il envoie pas mal sur ces plats et il file peu à peu, mais pas trop. J’attends mon heure. Virage à gauche, la pente s’élève. Il marche. Idem pour moi. Je profite d’une pause « mouillage de casquette » pour le rejoindre. C’est cote à cote qu’on franchit cette partie goudronnée. Puis vient le chemin. Et là, c’est plus de la route, c’est irrégulier et donc ….devinez quoi …je relance et bingo …je m’éloigne, seul. Bon, autant vous dire que dans ces moments là, tout va bien, j’ai mal nulle part et je manque pas une occase d’en rajouter ; Bref, « j’arsouille ». J’arrive au col de la Chaîne.

Belle ambiance féminine. Il reste 14 Km, 5 de montée, 9 de descente. Je refais encore et toujours mon plein en eau. J’étais un peu limite, partie de jardinage aidant. Je repars. J’ai encore mal au cou en écrivant ces lignes. Combien de fois je me suis retourné sur ce final. En fait, je suis ce qu’on peut appelé un coureur expérimenté mais pas sur le devant de la course. Là, je suis fier de ce classement même si sa signification n’est pas des plus importantes. Je suis fier d’être dans les premiers sur ces chemins mais fébriles. Comment gérer quand on ne sait rien. Je gère pas, juste, je me retourne.. Dans ce final, mes oreilles aussi ont chauffé. Dans la montée au relais, en lacet, j’entendais des bâtons partout. Ils reviennent ….Yoyo, t’entend des voies. Enfin, je passe sans peine ce dernier col. Il est 18h passé et le soleil a fait son œuvre.

Descente technique, quelques crampes me guettent. Des crampes là où y a pas de muscle !!! Des crampes sur les os ???? Bizarre. Je m’asperge les gibolles. J’ai du le faire des dizaines de fois, souvent après le ravito avec de l’eau bien fraîche, avec de l’eau gazeuse même. Le froid me fait du bien. Je rejoins la piste. Un forestier m’escorte en quad. Il veut que j’accélère. Il est sympa le gars !!!! J’arrive au plus chouette ravito de la course (comme en 2003). C’est le dernier, histoire de vous inciter à venir jusqu’ici quand vous ferez cette course. C’est ravito grand luxe, avec télé pour le match de l’OM du soir qui s’annonce. Pour l’ambiance, c’est comme l’OM, corne de brume. Les fumigènes sont pour cette nuit. On m’annonce 9 Km de larges pistes et de routes et deux petites remontées. Je repars.

Je mettrais 46 minutes pour finir. Je repense tout de suite au format « vrai coureur élancé » de Luc, le coureur rouge, de son retour sur le plat, de son accélération avant le col de la Chaîne. Et s’il finissait à 15 km/h ? il en a le profil. Je décide de finir fort. Je me lance à 12/13/14 à l’heure en respectant toujours la marche en montée. Je tiens le bon bout. Je suis fort, plus trop de pause. Ca passe super vite et le Col de Cayron est devant moi. L’espoir de finir en moins de 15 h s’envole. Après encore quelques minutes au taquet, je relâche. Mes jambes s’en rappellent encore. Je repense aussi à l’édition 2003, le petit malaise et je me dis que ce serait bête de gâcher l’arrivée. Dernier coup de « on passait par là en 2003 » faute de balisage et j’arrive enfin. Steph est là, sûrement le gars qui a abandonné le plus heureux du jour. Je suis serein, pas détruit, 15h06, 109 km et 4680 m+ plus tard. Luc ferra finalement 6ème à 10 minutes. J’ai bien fait de finir fort. Les 2ème et 3ème sont ensemble devant à 25 minutes et le vainqueur deux heures devant eux, intouchable.

Epilogue : au-delà du classement pas trop significatif, je suis super content de l’allure, de la régularité qui donne 58 Km en 8h et encore 51 km en 7h. Je suis content de la manière, l’utilisation optimale du grand secret. C’était du solide, bonne gestion, sans vrai sensation de grande forme (c’est peut être ça le plus génial). Le final à 12 à l’heure me laisse croire qu’il en restait encore alors, le prochain coup, je tenterais de le répartir un peu plus tôt, tout le long du parcours pour aller plus vite avant. Peut être à l’Ultra Trail du Verdon. Le lendemain, ce sera le temps de ma première « remise de récompense » en tant que coureur et d’un chouette resto sur la place du village pour boucler la boucle avec Stephane, l’autre coureur de cette course d’équipe.

Par yoyo - Publié dans : Récits d'Ultras
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Jeudi 26 avril 2007

Salut à tous

La mission du jour, celle que j'ai accepté, c'est de jouer au "meneur d'allure" pour Antranik, futur finisher de l'UTMB 2007. Cette idée, elle est venue suite au Trail de la Sainte Victoire et la conviction qu'il me fallait augmenter mon volume d'entraînement pour franchir un palier. La proposition est donc faites à Antranik "On va au Trail d'azur ensemble et, à 3 semaines d'un grand objectif pour moi, je te propose de le faire ensemble, rythme tranquille, histoire de voir comment on peut gérer ce genre de ballade".

C'est parti. Fin de peloton. Je trouve le départ bien lent par rapport à mes précédentes tentatives mais, c'est le but du jour. Tranquille. Au bout de 15', difficile de dire si le rythme est le bon pour Antranik et je décide de me mettre derrière lui. Ainsi, pas de doute, ce rythme sera son rythme. Je le suis donc et peu à peu, il me distance. Bon, OK, il est en forme. Pour nos caractéristiques respectives, Antranik est bien meilleur descendeur que moi, je me venge en bosse et sur le plat, balle au centre. Premier replat. Une large piste forestière de 2 km. Je trottine mais comme toujours, j'ai du mal à encaisser ces longs bouts plats et une pause de marche de quelques secondes s'impose. Antranik lui est loin. Sans pause mais en plus, il court simplement plus vite que moi sur cette portion et me prend environ 1'. Nouvelle montée et rebelote.

Il m'attend puis de nouveau me reprend mètre par mètre. Ultime descente avant le premier point d'eau et sans surprise, il s'envole (ça descend).

Nous parcourons 7.9 Km et 400 m+ dans la première heure. "ça va vite" me semble-t-il mais après tout, c'est qui qu’y est devant ? Un brin de sagesse de la part d'Antranik et il se cale dans ma roue pour une nouvelle descente. Non, ça ne va pas. Il repasse et s'éloigne. Là, je le comprends. C'est pas simple de courir derrière quelqu'un de moins rapide, casse gueule, autant prendre son rythme. Pause technique respective, on rejoint Philippe (Namasté) qui faisait une pause au environ du Km10. Première belle ascension de la journée. Philippe s'éloigne et c'est à mon tour de donner le "la" dans cette ascension tout en sous bois.

Je surveille mon V2 dans les rétros. Ca va mais sans plus. Il ne faut pas que j'aille trop vite. Tranquille .....On reprend enfin un premier coureur depuis le départ. Nous sommes à 1h30 de course, au sommet de la plus belle descente de la journée. Atomik Atranik tel le bouquetin du Garlaban qu'il est s'envole. Je décide malgré quelques pauses photos d'hausser un peu mon rythme pour ne pas trop perturber le sien et lui imposer trop de pauses.

En bas, on est presque ensemble. Il est temps d'attaquer une large piste forestière qui remonte en faux plat sur 2 Km. Le genre de terrain bien traître où marcher parait facile et bien long mais où courir est très usant et préjudiciable pour la suite. Je propose à Antranik une cyrano improvisée. On court pour rejoindre le coureur qui nous précède puis on marche quelques minutes avant de renouveler l'exercice. On s'éclate comme des gamins à ce jeu de "Pac Man" et on rejoint Philippe non loin du sommet.

Un peloton de huit s'est formé et c'est à la queuleuleu que nous nous lançons dans une énième descente technique. Dans l'ordre, gentlemen oblige, une féminine ouvre la piste, suivi d'une brochette d'UFO, Philippe, Antranik et moi. Je l'avoue, je trépigne un peu. Faux rythme, visibilité nulle et risque de gamelles tous les deux pas. Antranik craque avant moi. Une tape sur l'épaule, un petit mot et on trace. Antranik, trop plein d'énergie oblige, met tout à droite et explose le peloton. En quelques minutes les écarts sont impressionnants. Un bouquetin je vous dis !!!.
2h30 de ballade, toujours sur les base de 7.5 Km/h. Nous attaquons un long faux plats qui doit nous mener au Km 23, nouveau point d’eau. Nous attaquons aussi la phase d’euphorie d’Atomik Antranik. On était bien avec Philippe à refaire le monde, café des sports, et patati et patata ….mais devant, le fougueux bouquetin trépigne, trop content de remonter un a un une quinzaine de concurrent depuis 1h. J’ai du lui dire une bonne dizaine de fois « Pourvu que ça dure », « Y a encore 4/5h à tenir ». Un vrai gamin !!!! Bref, il est euphorique. Nouvelle ascension, superbe, pour enfin découvrir la mer. Et devinez quoi, Antranik mène le trio d’UFO. Une épingle s’annonce et je profite d’une petite sente droit dans la pente pour prendre au plus court, prendre à mon tour la tête et immortaliser mes potufos.

Une fois passé, je vois de nouveau Antranik s’éloigner. « Pac Man », je l’appelais « Pac Man » tellement l’idée de reprendre des coureurs le motivait. Moi aussi d‘ailleurs je trouvais cet exercice des plus plaisants. « Pourvu que ça dure ». Grosse et belle descente pour rejoindre le PC6.

Notre aisance est manifeste sur ces terrains proches de nos terrains d’entraînement respectifs (Luberon pour moi, Garlaban pour Antranik, Ventoux, Sainte Victoire et Calanques pour nous deux). On distance Philippe et une grosse poignée de coureurs. Les écarts sont conséquents et chaque nouvelle victime est autant de repères de notre belle progression.

Bord de mer, bord de voie ferré. Un replat. Antranik se met à marcher. Normal me dis-je, il « cyranote ». « Tient », ça dure …. ???? . 4h de course, l’embranchement du PC6 est là. 10 minutes plus tard, on refait le plein d’eau.

Il est 11h, le soleil va être à son maximum, pour Antranik, c’est déjà fait, le déclin s’annonce. Nous repartons donc pour une longue ascension entrecoupée d’une large piste descendant sur 3 Km. Le contraste est brutal. Sans trop de préavis, Antranik passe à l’orange. Un coureur devant nous que je voyais déjà, comme depuis 3h, comme une nouvelle victime, s’éloigne. Allez, ça va passé. Mon bidon d’eau va plusieurs fois servie pour refroidir la « cabesse » du bouquetin du Garlaban. Le salut vient, provisoirement d’un replat et de la large piste. Malgré notre ralentissement en montée, nous gardons un joli rythme à plat et en descente. Nous reprenons sans mal deux coureurs mais le moindre faux plat montant devient un obstacle et la marche s’impose. « Allez, ça va revenir ». C’est pas un client commode le bougre Antranik. La discussion n’est pas facile. Entre le « ça va » et le « surchauffe moteur », pas trop d’info. Mais boudiou, qui c’est qui est devant depuis le départ ???? Reprise de l’ascension, l’élastique se tend, se détend, se retend ….et paf, il lâche. Chemin de croix pour mon V2. Je l’avoue, je trépigne et ces pentes idéales, point trop raides où j’imagine que la tête de course à du courir (comme sur la quasi intégralité du parcours d’ailleurs ..j’imagine), me vont à ravir. Ma ballade au milieu de la galère des autres me conforte dans cette idée de sortie longue, sans forcer, pour préparer la prochaine. Une répétition idéale. PC7, point d’eau salvateur. Encore quelques efforts pour rejoindre le vrai sommet. On repart. Antranik relance sur le mono trace à plat qui mène au sommet. « Et si c’était revenu ? » . Epingle à cheveu, la pente s’accentue pour rejoindre le relais synonyme de sommet. Je file pour anticiper la descente. « tient Philippe, qu’est ce que tu fais là ? ». Comme pas mal, il a raté le PC6. 10’ de gagner mais surtout un point d’eau de raté. Rien de grave. Je descends en marchant, lentement, presque le à reculons en surveillant l’arrivée d’Antranik. Rien. Bizarre. Retour au ravito. Je prends du coca et vais enfin à la rencontre du fougueux V2 plus très fougueux. « badaboum Antranik » arrive. Même la descente n’est plus un plaisir. La messe est dite. Il va falloir rentrer. Les trois montées bien raides qui sont devant nous se font …à l’arrachée. Philippe est en point de mire. Il est lui aussi « carbo ». Ce que nous croyons être la dernière descente redonne des ailes à Antranik et nous rejoignons puis distançons Namasté, euh, Philippe. Nouveau point d’eau et, histoire d’achever les plus vaillants, on nous annonce 10 km alors qu’il s’agissait de 8 km au PC précédent. Allez, y a pas le choix. Large piste sur 3 Km et Antranik me distance à nouveau. Décidément, j’aime pas ça, les larges pistes descendantes. Encore quelques raidards, encore pas mal de coureurs en équilibre dans les dernières pentes et on revoit enfin la mer. 2 Km de bonheur, Antranik se lance peu à peu dans la pente, d’abord doucement puis de plus en plus vite et c’est à 12 km/h que nous deboulons sur le port. 7h29 et la ligne est franchie.

Moralité : Cher Antranik, au-delà de la gestion très moyenne de notre ballade, le PC6 du trail d’Azur avait des airs de Arnuva, de La Fouly ou de Champex, des airs de « j’ai les jambes molles, les bras fatigués, mais la tête dure » et cet exercice qui consiste à avancer, quelle que soit la forme, te sera je pense grandement profitable du coté de ces prairies suisses ou italiennes. Ce devait être un exercice de rythme et ça s’est transformé en un exercice mental du plus bel effet que tu renouvelleras je pense fin aout avec le même résultat.

A ce V2, un vrai gamin !!!

yoyo

Par yoyo - Publié dans : Récits d'Ultras
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Mercredi 18 avril 2007

C'était un OFF organisé par Antranik et Françoise, une traversée intégrale de Marseille à Cassis par les Calanques.

Voici un petit compte-rendu, histoire de .....

Pour l'intégrale des photos, c'est encore Jean Marie qui est aux manettes. C'est là



Ca commence par une course d'orientation en voiture pour trouver le départ alors que je suis un adepte du "être en avance". J'étais en avance jusqu'à 100 m de rendez vous et j'ai mis 20' pour faire ces 100 derniers métres. Un téléphone sans batterie aidant et je suis bon pour 5' de retard. Du coup, c'est parti pour tout une série de chamailleries pendant que je me prépare et puisque c'est le jeu du jour, je vais bien jouer aussi.

30' de camion plus tard pour rejoindre le point de départ distant de "Cassis-Marseille" par la route (la même distance que le course de fin octobre) et on est prêt à partir de Callelongue. 30' pour me rendre aussi compte aprés 3 ans de OFF ensemble, que ce n'est pas parce que Françoise a un mail qui se termine par "laposte.net", qu'elle bosse à la poste ....j'en étais persuadé !!!!!!!

C'est parti et il ne faut pas moins de 20 métres et le premier embranchement du jour pour perdre Thierry. Le temps que Jean Marie, multitâche, un oeil derrière l'appareil photo, un autre sur le chemin, le troisième sur les copains me signale l'élément manquant et ....Thierry, tel un évadé des beaumettes, rejoint au grand galot le peloton. L'occasion est trop belle pour chamailler gentiment le couple de gentils OFFganisateurs sur leur complémentarité "Tu es sur qu'on est tous là ? ben tu as pas compté ? c'est toi qui devait compter ....." ...non je blague ...Thierry devait vouloir faire un bonus de dénivelé.

Première heure en douceur donc sur les falaises qui ménent à Marseille Vert. Je bulle au fond du peloton avec Françoise et Jean Marie. C'est ma stratégie du jour. Me réacclimater à l'utilisation des bâtons, partir pépére parce que samedi prochain, on remet ça sur 50 km dans l'Estérel et si les jambes vont bien, il sera temps d'accélérer un peu sur la fin. La montée du premier col ...pfff, mon altimétre l'a à peine senti. Faut dire que pour les marseillais, la définition d'un col, c'est un peu comme l'histoire de la Sardine qui bouche le port. Le temps qu'ils vous disent "on va attaquer le col machin" qu'on est déjà en haut.

Pour les positions du peloton, Antranik est au commande, toujours devant à montrer la voie. Enfin, c'est ce que j'imagine puisque moi, je suis plutot dans la mouvance "coeur et fin de peloton" et  ...je vois jamais Antranik alors ....il est devant avec Olivier et le duo Françoise / Thierry.

Première descente : l'exercice du jour. J'ai décidé en venant ici que je m'offrirais quelques petites descentes au taquet. Ce n'est pas trés raisonnable mais ayant pas mal perdu en vitesse dans cet exercice durant l'hiver, rien de tel qu'un bon guide comme Antranik, voltigeur de première pour se tirer la bourre. On va s'amuser ainsi à quelques sequences de 3/4' ...à bloc (parce que Antranik, mène s'il perd parfois quelques morceaux à haute vitesse ne connait pas la modération. C'est 5 ou 15 mais rarement 10 !!!!). Donc à bloc, position de recherche de vitesse avec mes batons le long du corps en ligne droite et j'appuye bien sur les "cares" de mes quechuas en m'appliquant à sortir les genoux à la Valentino Rossi dans les courbes. Antranik va trop vite mais l'exercice est validé.

Regroupement, séquence de marche et on remet ça pour rejoindre la Calanque de ???? (je mélange toujours les noms ...help). Là, je fais le rythme (Antranik doit se dire que j'ai un rythme de vieillard) et on voit Thierry qui pose une mine sur la droite. Je tente une coupe sauvage histoire de calmer l'impétueux mais à ce petit jeu, je sors encore perdant. Regroupement et ravito cahuétes, tuc et autres à l'ombre d'un arbre ...il commence à faire chaud.

Allez, une vrai première ascension pour passer de la Calanque "joli" à la Calanque "belle". 250/300 m+. Je ferme la marche en compagnie de Didier, Françoise, Jean MArie, Jacqueline ....Trrranquilllle. Un petit coup d'accélération sur le haut et on est prés pour la plonger vers ...la Calanque "belle". Ca palabre dur sur les quelques hectométres de plat. "C'est quoi un week-end choc ?" Thierry me fait baver avec ces 230 km en vélo le week-end d'avant ...ce que j'aimerais. La discussion s'installe avec Jean Marie, c'est le café du commerce, vu sur la mer et seul la pente vertigineuse qui est sous nos pieds met un frein à tout ça.

Descente spécial batons parce qu'ils sont bien utiles dans ces pentes hostiles, ces dalles saupoudrées de graviers. Les pierriers me font penser que c'est pas mal d'être un peu lourd, on s'enfonce plus que les autres qui nous rendent 10/20 km ....c'est plus stable. Pour couronner le tout, le paysage est sublimissime, une presqu'île est sous nos yeux, la mer et le cap canaille à l'horizon et j'ai quand même tendance à vouloir profiter de tout ça et de lever les yeux plutot que de déchiffrer les pièges du parcours. Mais bon, ça passe sous le regard étonné des randonneurs.

[Petite remarque technico/philosophique qu'on a partagé avec Antranik] : Quel sacré ordinateur on a dans la tête !!!! ben oui, dévaler à vive allure des champs de cailloux, poser nos grands pieds (47 pour moi) la dedans et enchainer X pas par seconde, mesurer du regard tout ces paramétres et faire ça ....en discutant de la pluie et du beau temps ....épatant quand on y pense  [Fin du café philo/technico]

Calanques "belle" ....3h30 de ballade. C'est l'heure du repas sur le port.Les touristes affluent. La bouillabaise est à 38 euros mais pas de tables de 11 de dispo. On continue. Tous mes feux sont aux verts, je vais pouvoir taquiner Spirulin'Man.

Le passage jusqu'à la Calanque de Sugiton se fait sans soucis. On papaute. Antranik et Françoise nous ont concocté un ravito sauvage à mi-col du "Canaillou" en déposant la veille de quoi refaire le plein des poches à eau. Je vais enfin comprendre pourquoi Jacques à un sac à dos gonflé à bloc.

La montée au ravito se fait de façon classique pour les uns (tous sauf 2), et version directissime pour les deux plus taquins de la troupe. Avec Françoise, on utilise les quelques traverses existantes pour prendre droit dans la pente et taper le carton à l'ombre de la falaise. Enfin ....c'est pas vraiment ça, j'avais oublié les cartes mais ...on aurait eu largement le temps. On patiente et on se regroupe avant la cheminée qui méne au ravito.
Et Antranik qui nous vante là haut, tout là haut, le grand col qui s'annonce. On tremble et le Kokocake ne passe pas trés bien (:o).

15' plus tard, Jacques a enfin dévoilé son secret. Son sac de 10 litres, c'était 2 litres d'eau et 8 litres de ravito en tout genre. Babibel et Mars au programme. Je connais même un participant qui, habitué aux OFF, n'avait presque rien pris à manger, se doutant bien des us et coutumes de ce genre de troupe. Bien lui en a pris, il a voyagé léger ...(mais bon, si tout le monde dit ça !!!!).
On attaque ce GRAND COL en discutant avec Thierry, Françoise et ANtranik. Vous en connaissez vous beaucoup de grands cols qu'on attaque en discutant, cardio à 80 puls, la bouche pleine de mars ? Ah, ces marseillais. Et ça chambre, et ça chambre. Le pari est pris avec Atomik Antranik. "Sur que tu cours pas jusqu'au sommet". Pari tenu et ..................pari gagné. Chut, ne lui en parlez pas, il va faire des cauchemards (un peu comme les touristes qui m'ont vu débarqué là haut en courant). L'équation est donc la suivante (pour ne froiser personne) : Bâtons > Spiruline. Blague à part, je voltige, les 4h au calme m'ont fait un bien fou ....ça durera jusqu'à l'arrivée.

Regroupement, séance photo et le spectacle est grandiose. Seul les nombreux randonneurs (qui ont bien le droit d'être là) sont un peu déconcertés du groupe de tchateurs puants qui débarquent. On repart.

Dans la série taquinerie, rien de tel que quelques variantes. Pendant que les copains s'enquillent la longue piste à flanc d'abord à gauche, puis à droite du vallon, je plonge dans un mini trace au fond du vallon et rejoint l'autre coté. Ca fera un peu plus de D+ parce que pour les 2000 m+ annoncés ....hum,hum
Séance vertige et un peu débroussaillage pour rejoindre les immenses falaises qui surplombent la mer et précédent la Calanque d'En Vau. Là, on a du un peu enervé les randonneurs en les doublant comme des bouquetins (odeur comprise), en s'arrêtant 50 m plus loin pour reformer le groupe (ils nous redoublent) et on remet ça (toujours avec l'odeur) dans les minutes qui suivent. Ah ces traileurs .......

Bon, je vous parle pas de ma gamelle dans une des multiples descentes. Une plaque de verglas ...si si , parole de marseillais ....je l'avais pas vu et vlan, sur les fesses.
Je vous parle pas non plus de l'attaque sournoise et inavoué d'Antranik dans la petite bosse où il avait filé rendez vous avec la Patrouille de France. Je l'ai laissé faire, lui laissant la primeur de l'acclamation des clubs de randonneurs mais lui vous dira qu'il ma posé en descente et que le trou était fait, inrattrapable avant ce petit sommet. c'est vrai, je l'avoue.

Aprés, il a fallu aller à En Vau, pour la baignade. Et bien j'ai reculé, j'ai vu passer tout le groupe sur ce long faux plats descendant vers la plage. Je n'arrive pas sauf à me faire "mal" à tenir un rythme de "routier" sur ces larges pistes. Je suis entrainé à la diversité, au monte/descend et mon aisance sur ces terrains s'envole quand la régularité s'installe. Chut, j'ai rien dit ... "Je récupére :o)".

Plouf en deux temps et ça repart. Allez, je l'avoue, il faudra revenir en semaine ou l'hiver, c'est super ch... de courir à 10 km/h dans les pierriers montant à 50% au milieu des touristes en tong qui montent ou descendent :o). Et oui, ça chambre encore au pied du dernier raidard du parcours. Un pierrier "aménagé" de 150 m+ avec autant de pierres ...que de touristes. "Chiche que tu montes pas en courant" ...."chiche". J'y vais avec Olivier. La suite, influence marseillaise oblige, vous la connaissez
"c'est super ch... de courir à 10 km/h dans les pierriers montant à 50% au milieu des touristes en tong qui montent ou descendent ".

Regroupement, encore deux calanques et il est temps de retrouver le parking de Port Miou. On reléve les compteurs, inégaux en fonction du fournisseur. 26 km et peu ou prou 2000 m+, 150 chamailleries, un rabillage en régle pour tous les potes marseillais (et des environs) qui me manqueront bien et un final mémorable où, attaquant un dernier mono trace, Antranik me dit "On descend juste un peu et on remonte à la voiture". Une fois au bord de l'eau, les pieds dans les algues, .....je venais de comprendre .....ah, ces marseillais

Allez Antranik, si tous les marseillais du monde étaient comme toi ......

Trés amicalement à tous ceux qui étaient là, et encore plus à Atomik-Spirulin-Antranik (si les autres me le permettent)

Yoyo

Par yoyo - Publié dans : Les OFF de Yoyo
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