Salut à tous
La mission du jour, celle que j'ai accepté, c'est de jouer au "meneur d'allure" pour Antranik, futur finisher de l'UTMB 2007. Cette idée, elle est venue suite au Trail de la Sainte Victoire et la conviction qu'il me fallait augmenter mon volume d'entraînement pour franchir un palier. La proposition est donc faites à Antranik "On va au Trail d'azur ensemble et, à 3 semaines d'un grand objectif pour moi, je te propose de le faire ensemble, rythme tranquille, histoire de voir comment on peut gérer ce genre de ballade".
C'est parti. Fin de peloton. Je trouve le départ bien lent par rapport à mes précédentes tentatives mais, c'est le but du jour. Tranquille. Au bout de 15', difficile de dire si le rythme est le bon pour Antranik et je décide de me mettre derrière lui. Ainsi, pas de doute, ce rythme sera son rythme. Je le suis donc et peu à peu, il me distance. Bon, OK, il est en forme. Pour nos caractéristiques respectives, Antranik est bien meilleur descendeur que moi, je me venge en bosse et sur le plat, balle au centre. Premier replat. Une large piste forestière de 2 km. Je trottine mais comme toujours, j'ai du mal à encaisser ces longs bouts plats et une pause de marche de quelques secondes s'impose. Antranik lui est loin. Sans pause mais en plus, il court simplement plus vite que moi sur cette portion et me prend environ 1'. Nouvelle montée et rebelote.
Il m'attend puis de nouveau me reprend mètre par mètre. Ultime descente avant le premier point d'eau et sans surprise, il s'envole (ça descend).
Nous parcourons 7.9 Km et 400 m+ dans la première heure. "ça va vite" me semble-t-il mais après tout, c'est qui qu’y est devant ? Un brin de sagesse de la part d'Antranik et il se cale dans ma roue pour une nouvelle descente. Non, ça ne va pas. Il repasse et s'éloigne. Là, je le comprends. C'est pas simple de courir derrière quelqu'un de moins rapide, casse gueule, autant prendre son rythme. Pause technique respective, on rejoint Philippe (Namasté) qui faisait une pause au environ du Km10. Première belle ascension de la journée. Philippe s'éloigne et c'est à mon tour de donner le "la" dans cette ascension tout en sous bois.
Je surveille mon V2 dans les rétros. Ca va mais sans plus. Il ne faut pas que j'aille trop vite. Tranquille .....On reprend enfin un premier coureur depuis le départ. Nous sommes à 1h30 de course, au sommet de la plus belle descente de la journée. Atomik Atranik tel le bouquetin du Garlaban qu'il est s'envole. Je décide malgré quelques pauses photos d'hausser un peu mon rythme pour ne pas trop perturber le sien et lui imposer trop de pauses.
En bas, on est presque ensemble. Il est temps d'attaquer une large piste forestière qui remonte en faux plat sur 2 Km. Le genre de terrain bien traître où marcher parait facile et bien long mais où courir est très usant et préjudiciable pour la suite. Je propose à Antranik une cyrano improvisée. On court pour rejoindre le coureur qui nous précède puis on marche quelques minutes avant de renouveler l'exercice. On s'éclate comme des gamins à ce jeu de "Pac Man" et on rejoint Philippe non loin du sommet.
Un peloton de huit s'est formé et c'est à la queuleuleu que nous nous lançons dans une énième descente technique. Dans l'ordre, gentlemen oblige, une féminine ouvre la piste, suivi d'une brochette d'UFO, Philippe, Antranik et moi. Je l'avoue, je trépigne un peu. Faux rythme, visibilité nulle et risque de gamelles tous les deux pas. Antranik craque avant moi. Une tape sur l'épaule, un petit mot et on trace. Antranik, trop plein d'énergie oblige, met tout à droite et explose le peloton. En quelques minutes les écarts sont impressionnants. Un bouquetin je vous dis !!!.
Une fois passé, je vois de nouveau Antranik s’éloigner. « Pac Man », je l’appelais « Pac Man » tellement l’idée de reprendre des coureurs le motivait. Moi aussi d‘ailleurs je trouvais cet exercice des plus plaisants. « Pourvu que ça dure ». Grosse et belle descente pour rejoindre le PC6.
Notre aisance est manifeste sur ces terrains proches de nos terrains d’entraînement respectifs (Luberon pour moi, Garlaban pour Antranik, Ventoux, Sainte Victoire et Calanques pour nous deux). On distance Philippe et une grosse poignée de coureurs. Les écarts sont conséquents et chaque nouvelle victime est autant de repères de notre belle progression.
Bord de mer, bord de voie ferré. Un replat. Antranik se met à marcher. Normal me dis-je, il « cyranote ». « Tient », ça dure …. ???? . 4h de course, l’embranchement du PC6 est là. 10 minutes plus tard, on refait le plein d’eau.
Il est 11h, le soleil va être à son maximum, pour Antranik, c’est déjà fait, le déclin s’annonce. Nous repartons donc pour une longue ascension entrecoupée d’une large piste descendant sur 3 Km. Le contraste est brutal. Sans trop de préavis, Antranik passe à l’orange. Un coureur devant nous que je voyais déjà, comme depuis 3h, comme une nouvelle victime, s’éloigne. Allez, ça va passé. Mon bidon d’eau va plusieurs fois servie pour refroidir la « cabesse » du bouquetin du Garlaban. Le salut vient, provisoirement d’un replat et de la large piste. Malgré notre ralentissement en montée, nous gardons un joli rythme à plat et en descente. Nous reprenons sans mal deux coureurs mais le moindre faux plat montant devient un obstacle et la marche s’impose. « Allez, ça va revenir ». C’est pas un client commode le bougre Antranik. La discussion n’est pas facile. Entre le « ça va » et le « surchauffe moteur », pas trop d’info. Mais boudiou, qui c’est qui est devant depuis le départ ???? Reprise de l’ascension, l’élastique se tend, se détend, se retend ….et paf, il lâche. Chemin de croix pour mon V2. Je l’avoue, je trépigne et ces pentes idéales, point trop raides où j’imagine que la tête de course à du courir (comme sur la quasi intégralité du parcours d’ailleurs ..j’imagine), me vont à ravir. Ma ballade au milieu de la galère des autres me conforte dans cette idée de sortie longue, sans forcer, pour préparer la prochaine. Une répétition idéale. PC7, point d’eau salvateur. Encore quelques efforts pour rejoindre le vrai sommet. On repart. Antranik relance sur le mono trace à plat qui mène au sommet. « Et si c’était revenu ? » . Epingle à cheveu, la pente s’accentue pour rejoindre le relais synonyme de sommet. Je file pour anticiper la descente. « tient Philippe, qu’est ce que tu fais là ? ». Comme pas mal, il a raté le PC6. 10’ de gagner mais surtout un point d’eau de raté. Rien de grave. Je descends en marchant, lentement, presque le à reculons en surveillant l’arrivée d’Antranik. Rien. Bizarre. Retour au ravito. Je prends du coca et vais enfin à la rencontre du fougueux V2 plus très fougueux. « badaboum Antranik » arrive. Même la descente n’est plus un plaisir. La messe est dite. Il va falloir rentrer. Les trois montées bien raides qui sont devant nous se font …à l’arrachée. Philippe est en point de mire. Il est lui aussi « carbo ». Ce que nous croyons être la dernière descente redonne des ailes à Antranik et nous rejoignons puis distançons Namasté, euh, Philippe. Nouveau point d’eau et, histoire d’achever les plus vaillants, on nous annonce 10 km alors qu’il s’agissait de 8 km au PC précédent. Allez, y a pas le choix. Large piste sur 3 Km et Antranik me distance à nouveau. Décidément, j’aime pas ça, les larges pistes descendantes. Encore quelques raidards, encore pas mal de coureurs en équilibre dans les dernières pentes et on revoit enfin la mer. 2 Km de bonheur, Antranik se lance peu à peu dans la pente, d’abord doucement puis de plus en plus vite et c’est à 12 km/h que nous deboulons sur le port. 7h29 et la ligne est franchie.
2h30 de ballade, toujours sur les base de 7.5 Km/h. Nous attaquons un long faux plats qui doit nous mener au Km 23, nouveau point d’eau. Nous attaquons aussi la phase d’euphorie d’Atomik Antranik. On était bien avec Philippe à refaire le monde, café des sports, et patati et patata ….mais devant, le fougueux bouquetin trépigne, trop content de remonter un a un une quinzaine de concurrent depuis 1h. J’ai du lui dire une bonne dizaine de fois « Pourvu que ça dure », « Y a encore 4/5h à tenir ». Un vrai gamin !!!! Bref, il est euphorique. Nouvelle ascension, superbe, pour enfin découvrir la mer. Et devinez quoi, Antranik mène le trio d’UFO. Une épingle s’annonce et je profite d’une petite sente droit dans la pente pour prendre au plus court, prendre à mon tour la tête et immortaliser mes potufos.
Moralité : Cher Antranik, au-delà de la gestion très moyenne de notre ballade, le PC6 du trail d’Azur avait des airs de Arnuva, de La Fouly ou de Champex, des airs de « j’ai les jambes molles, les bras fatigués, mais la tête dure » et cet exercice qui consiste à avancer, quelle que soit la forme, te sera je pense grandement profitable du coté de ces prairies suisses ou italiennes. Ce devait être un exercice de rythme et ça s’est transformé en un exercice mental du plus bel effet que tu renouvelleras je pense fin aout avec le même résultat.
A ce V2, un vrai gamin !!!
yoyo
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