Récits d'Ultras

Lundi 25 avril 2005

Millau 2001

Après mon échec de 2000 et mon abandon au 65ème Km en haut de Tiergues, et malgré les dires de l’Ostéopathe qui m’avait annoncé que je ne pourrais plus courir que sur des distances courtes, je suis au départ. Il fait orage et ça va durer pendant 45 Km, le temps de la première boucle. Coté logistique, j’ai prévu de faire seul (sans suiveur) la première boucle, Denis devant me rejoindre vers Millau pour faire avec moi les 55 derniers kilomètres en VTT..

C’est parti sous l’orage. Je ne vais pas quitter mon sac poubelle pendant 4 heures. Je fais le départ tranquille. Mauvais souvenir de l’année passée où après 500m, j’avais déjà mal au genou, je suis à l’écoute du moindre grincement, couinement, chuchotement de mon corps. Tout vas bien, et peu à peu, j’oublie cette appréhension  qui me tiraille. Une pause technique et c’est parti, direction Aguessac. Sur la double voie qui précède, je me retourne plusieurs fois pour observer ce gigantesque peloton. Ca me rappelle, étant plus jeune, les Unes, chaque année du journal Midi Libre qui nous mettaient au moins 2 pleines pages sur cette course mythique. J’étais bien jeune et bien loin de penser que moi aussi, un jour, je serais au départ.

Je pars sur une base de 10 km/h . Il n’y a un marquage au sol que tous les 5 km et c’est donc au feeling que j’estime ma vitesse.

Aguessac : tout le village est dehors et c’est aussi le lieu où tous les suiveurs sont autorisés à suivre leur poulain. En courant, on ne sent pas la pluie et le froid, mais pour les suiveurs, c’est autre chose. Ils vont passer une sale journée. Rien à signaler pendant les 20 premiers kilo. C’est plat jusqu’au Rozier. Il y a même une éclaircie de la météo. Il ne pleut plus et beaucoup de concurrent se débarrassent des imperméables et autres protection anti pluie. Je garde la mienne. C’est le bon choix, la pluie va redoubler dans quelques kilomètres.

Le Rozier, c’est l’extrémité Nord du parcours. On passe dans ce charmant village (à l’heure du déjeuner pour moi), puis sur un pont qui enjambe le Tarn, et ça repart pour une succession de grimpette pendant 15 kilomètres. Sur n’importe quel autre 100 Km, cette partie du parcours serait qualifiée de montante et difficile, a Millau, c’est presque plat en comparaison des 50 derniers kilo. Le ravito et je repart tranquille. Les montées et les descentes se succèdent. Tous va bien jusqu’au 35ème ou je sens mes jambes durcir. C’est sûrement la pluie froide qui fait ça. Denis me rejoint. Il est frigorifié. Moi ça va. On se rapproche de Millau. A Millau plage, j’éprouve le besoin d’alterner quelques instant de marche. Puis c’est la traversée de Millau pour remonter jusqu’au Parc de la victoire. Il marque l’arrivée au Marathon. On croise aussi dans Millau, les autres concurrents qui sont déjà repartis en direction de Saint Afrique. Ils me paraissent tous mieux que moi et je suis de plus en plus dans le dur.

Une pause express et je repars direction Saint Afrique. Je sais qu’à Creissels, la famille m’attend pour des encouragements que j’espère salvateur. J’arrive enfin. Isa et Sandra sont là, avec le café chaud. Je suis au bord de l’abandon. Pourvu qu’elle n’en parle pas (de l’abandon). Je pourrais craquer. Je m’arrache de ce confort douillet. Ca n’a jamais été aussi dur (pour l’instant). Je traverse Creissels en marchant puis ça repart un peu. Oh surprise, quelques centaines de mètres plus loin, les idées d’abandon sont déjà loin. On attaque la longue montée de Saint Georges (2 Km). Là, y a pas d’alternative. Je marche, je discute avec Denis. La plongée vers Saint Georges(2.5 Km) me permet de reprendre mon rythme alternatif (course, marche, course …..). Le faux plat ente St Georges et St Rome (8 Km) m’avait paru très long l’année dernière. Ca va être pareil cette année. J’alterne toujours course et marche. C’est aussi dans cette portion que l’on commence à croiser les premiers qui rentrent sur Millau. C’est très plaisant et je ne courrais plus seul jusqu’à l’arrivée.

Une anecdote : depuis quelques kilomètres, je cours avec  une concurrente qui a adopté un rythme très régulier (environ 8 Km/h). Elle a un style très « mécanique », ou apparemment il n’y a pas de place pour la discussion, distraction et autres flâneries. Elle est à fond dans son truc.  Elle court à 8 et moi j’alterne des portions de course à 10 puis de la marche à 6. Du coup, on se double régulièrement. Je m’arrête au ravito, pas elle (son suiveur s’en charge). Je marche en montée, pas elle. Je cours à 12 en descente, elle est toujours à 8. Ca va durer pendant des kilomètres, jusqu’au 85ème ou elle a eu un problème et son suiveur la soutenait à coté de son vélo. Je ne la reverrait plus.

Bref, après Saint Rome arrive la côte de Tiergues (3 Km). Je marche. Le soleil est revenu depuis un bon moment. Denis en profite pour se dégourdir les jambes et m’attend en haut de la côte. J’en profite pour discuter avec un concurrent « expérimenté ». Je lui raconte mes difficultés morales pour repartir de Millau. Il n’est pas surpris. Il connaît. On discute ensuite de l’utilité du suiveur. Il m’explique qu’il a essayé sans et avec suiveur et que maintenant, il court tout seul. C’est compliqué un cent bornes mais c’est encore plus quand il faut gérer pour 2. Je suis pas loin d’être d’accord avec lui, jusqu’à ce que je me rende compte que, sans Denis, à partir du 80ème, je n’aurais pas fini. Mais j’essayerais quand même une fois, seul. En haut de Tiergues, c’est l’inconnu. J’avais arrêté ici l’an dernier. Je pars donc vers l’inconnu, Saint Afrique à 6 Km (de descente). Le final est très pentu. Toujours de l’alternance course-marche. L’objectif des 10 Km/h est oublié. Finir, je veux finir. Quand je pense à l’arrivée, je suis ému, une boule dans la gorge et les yeux larmoyant. J’en parle à Denis «  t’imagine, je vais finir … ». Une pause à Saint Afrique. Je repars et il fait encore jour. J’avais décidé depuis le départ de ne pas m’attarder aux ravitaillements. Pas de pause, massage et autres sieste. C’aurait été trop dur de repartir. La remontée de la cote de Saint Afrique (6 km) se fait en marchant. Plus haut, c’est moins raide et je trottine un peu mais je sens bien que la route va encore être longue jusqu’à Millau. Ensuite la descente. J’alterne toujours course et marche. Je me fais doubler par quelques concurrents. On arrive dans St Rome. Je mets ma frontale pour affronter la nuit. 200m plus loin, elle rend l’âme. Ce n’est pas grave, la nuit est claire. Je marche de plus en plus. Denis n’en peut plus. Il a mal au c… Il décide de marcher avec moi. Gros éclat de rire. Mon rythme de marche est « extrêmement » rapide (8 Km/h environ) et quand il descend du vélo, il doit courir pour pouvoir me suivre. Il remonte sur son vélo en prenant soin de ne pas s’asseoir sur la selle. Entre St Rome et St Georges, y a un ravito : Excellent. C’est la nuit, en pleine campagne. De la musique, une odeur de grillade. L’envie de s’asseoir et de rester là des heures à discuter avec les bénévoles. Sûrement le plus petit et le plus sympa ravito de la course. J’arrive enfin à St Georges. C’est dur. Je suis sur des bases de 1h 30 au 10 km. C’est pas terrible. Il me reste la côte de Saint Georges puis la plongée sur Millau. La côte est longue. Je marche. Denis en a marre. Je n’avance plus. Ou est le plaisir ?. Je pense à l’arrivée et je n’éprouve plus rien. C’est trop dur. La descente, c’est pire. Pire que la montée ou je contrôlais mon rythme. Là je dois me freiner. Et je peux plus. Mes cuisses me brûlent. La descente est raide. Denis en profite pour faire une petite pointe de vitesse dans cette longue ligne droite. Je suis seul. Chaque pas me provoque presque un cri de douleur. Enfin, la délivrance, ça remonte vers Creissels. Je me remets à courir. Je n’ai même pas la force de faire le détour de 20 mètres pour aller me ravitailler à la salle des fête du village. Denis s’en charge. Je continue. Les lumières de Creissels puis de Millau me redonnent des forces. Je passe sur la piste cyclable, le pont qui enjambe le Tarn. Il me reste 2 Km pour remonter jusqu’à la place de la Victoire. Je remonte par les trottoirs, dans l’indifférence, jusqu’au Mandarous. La dernière ligne droite. Un concurrent me double au sprint. Je suis perplexe : quel intérêt ?. Enfin, je rentre dans le parc. Sandra me rejoint à 50m de l’arrivée. Elle croit que je vais courir. Je ne peux plus. L’arrivée est là, devant moi. Un détail : à Millau, tout le monde arrive sur le podium mais pour arriver sur le podium, il faut …monter sur le podium. Quelques marches et un plan incliné. L’horreur. J’ai failli finir à 4 pattes. C’est fini. La photo d’arrivée, le diplôme dans les minutes qui suivent et pour cette 30ème édition un superbe « Dupond-Durand » (statuette en terre cuite, spécialité locale) d’un coureur qui ornera mon salon.

Par yoyo
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Lundi 25 avril 2005

Nant - 2001

C’est parti pour 65 km et 2500m de dénivelée. Après les 100 Km du mois de Septembre, je suis bien décidé à mieux gérer mon effort et à ne pas finir complètement cuit. Donc c’est parti, dans la nuit pour une journée qui s’annonce météorologiquement clémente. Quelques kilomètres de route qui monte et j’aperçois au loin le chapelet des frontales qui s’élèvent dans la nuit. Puis on tourne à gauche pour attaquer un chemin plus raide. Je commence à marcher. Je me fais doubler par beaucoup de concurrent et me décide à recourir pour défendre ma position dans ce peloton qui s’étire de plus en plus. On arrive alors au « goulet ». Un étranglement qui fait se réduire le chemin en un sentier qui grimpe sur les causses entre deux murs de pierres. Impossible de doubler sous peine de se faire conspuer et je prends mon mal en patience. Je resterais là à piétiner environ 10 minutes et derrière, les concurrents plus prudents, adeptes du départ pépère resteront bloqué bien plus longtemps. Enfin ça repart de plus belle, avec le levée du jour sur un paysage qui me rappelle mes terrains d’entraînement sur le Larzac. Ca monte, ça descend. On attaque ensuite une ancienne voie de chemin de fer, ou, une erreur de jeunesse sûrement, je lâche un peu les chevaux. Je rattrape pas mal de coureurs et on arrive à un premier ravitaillement en liquide. C’est dans un village, point de ralliement de tous les suiveurs, ou l’ambiance est chaleureuse. Je vais attaqué la montée du St Guiral. Je m’attendais à un col mais en fait, c’est une longue succession de passage raide, plat, cassant, roulant et finalement pas trop dur. Juste un passage vraiment raide me fait mal aux jambes. J’arrive donc avec un certains étonnement au sommet de St Guiral. Le brouillard m’accompagne mais je sais que plus bas, c’est grand soleil. J’attaque donc la descente. Après cette longue montée ou je me suis surpris à doubler et à progresser sur un bon rythme, je vais vite me rendre compte que, le trail et particulièrement la descente, c’est très technique et que ça demande pas mal d’entraînement (que je n’ai pas) et d’expérience (que je n’ai pas non plus). Je me lance donc dans cette descente : il peut pas y avoir pire : de la mousse, des pierres, des feuilles mortes, des rochers, le tout en sous bois, super glissant. Je me traîne, un vrai boulet et je vois passer un à un tous les coureurs de tout à l’heure. Je suis vraiment pas à l’aise et j’accueille avec un grand soulagement le retour du goudron. On arrive dans un charmant village avant de tourner à droite pour emprunter un des plus beaux sentiers de la journée. Un sentier assez roulant, en légère montée qui serpente au milieu d’énorme bloc de pierre, au milieu des jeunets, sous le soleil d’automne. En contrebas, le village avec ces toits de lauses. Au bout du sentier, une croix. On plonge ensuite vers le premier ravitaillement en solide vers le village de ..... par un sentier boueux ou la plus grande vigilance est de rigueur. Passage sur un pont en bois puis montée de marche pour aller jusqu’à un ravito très copieux, en public et en victuailles. C’est reparti par une petit route pendant quelques kilomètres. Je retrouve ma foulée routière jusqu’à attaquer une nouvelle montée, via un sentier très escarpé, emprunté il y a quelques temps en VTT lors de la Caussenarde. La fatigue commence à se faire sentir. Ca grimpe de plus en plus dur, parfois avec les mains. On traverse une route puis on se retrouve sur un pseudo plateau. C’est long, très long. Heureusement je discute un peu avec des alsaciens enthousiasmés par le paysage. On attaque des forêts d’épineux. Des longues portions planes où il m’est difficile de courir non stop. J’alterne course et marche et après avoir arpenté ce plateau pendant une bonne heure, j’aperçois Tréves, lieu du deuxième ravitaillement solide. Mais je n’y suis pas encore. Une descente vertigineuse m’attend. Ca va mieux que dans la descente du Saint Guiral. Elle est moins technique. Derrière, une « charmante » coureuse me met la pression. Elle veut me doubler et ronchonne avec son compagnon de course. Ce serait pas plus simple de demander gentiment ?. Je fais ma tête de lard. Après tout, notre différence d’allure n’est pas si énorme. Je suis devant, j’y reste. Elle a qu ‘à être poli. Après 30 minutes de descente, j’arrive à Tréves pour une pause de 10 minutes. Je refais le plein, un peu de vide, et j’attaque la montée du Causse Noir. C’est un sentier régulier, ou personne ne court. Arrivée sur le Causse, il faut le traverser. C’est long. Toujours aussi dur de courir. Et en marchant c’est long. J’aperçois au loin d’autres concurrents. Derrière moi, personne. Et puis d’un coup, je me vais doubler. Je dois pas aller bien vite. Le plus dur, c’est que je sais qu’il va falloir plonger sur Cantobre. Je guette, j’imagine que c’est là, juste au bout. Et à chaque fois, à chaque sommet de bosses, je revois l’horizon, d’autres coureurs. C’est moralement difficile. Enfin, le chemin bifurque vers la gauche et je me retrouve peu à peu sur une arête rocheuse. De part et d’autre, la vallée, à gauche …….., à droite la Dourbie. En bas, Cantobre. Je plonge dans la pente. Très pentue. Je m’accroche aux arbres, arbustes et autres rochers. Enfin, j’y suis. Petite déception : on n’est pas du bon coté de Cantobre et on ne profite pas de la beauté de ce village accroché à la montagne. Au ravito, surprise, je croise un cousin, bénévole et distributeur officiel de pâte de fruit et autres pains d’épices. Nant est juste là, au bout de la vallée. Tout au plus 7 Km par la route. Mais nous on doit grimper en haut du Roc Nantais, rendu célèbre par les organisateurs et rédacteur du magazine Vo2. J’ai 1 heure de retard sur mes prévisions et pas de moyen d’informer la famille à l’arrivée. Je m’inquiète pour eux. Je repars de Cantobres. Bien décidé à rattraper un peu de temps perdu dans la dernière montée. Et oh surprise. Mes jambes répondent. C’est bien la preuve que le moral joue beaucoup. J’étais au bord de l’abandon sur le Causse Noir. Je double quelques concurrents, cours dans les faux plats et adopte un bon rythme de marche dans les montées. Après un portion au milieu des pins, je tourne à droite. J’entends la sono, en bas. Je suis au sommet du Roc Nantais et il ne me reste plus que la descente. Je savoure, je regarde Nant en bas, passe le petit bon et, je retrouve, Denis et Eric, mes parents et Chloé. Eric et Denis se propose de faire avec moi les derniers hectomètres (un tour de village) et je m’ai un point d’honneur à accélérer dans le dernier petit raidard pour leur faire bien mal aux jambes. Surprise et quelle surprise : Sandra est là, à 20 mètres de la ligne avec sa mère. Je prends Chloé par la main. Sandra n’a pas osé venir. J’aurais aimé. Je prends Chloé sur mes épaules pour passer sur l’ « arche des Templiers ». Je suis un finisher après 11h 10 d’effort dans des conditions météo idéale. Le bonheur. J’ai réussi mon défi pas raisonnable : enchaîner les 100 Km de Millau et Les Templiers en 1 mois.

Par yoyo
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Lundi 25 avril 2005

La Plagne - 2002

Plan d’eau de Macot : il est environ 7h du mat. La journée s’annonce belle. Un poids en moins sur les épaules. Je suis quand même bien stressé à l’idée de monter la haut. Bien plus que lors de mes précédentes Ultra expériences. Un  petit plaisir au départ. Je croise Corinne Favre. C’est une référence du Trail et la référence féminine de la 6000D. Une vrai « star » qui fait le bonheur des pages des magazines spécialisés.

 On est en petit comité. J’ai l’impression que je suis le petit nouveau et que tout le monde se connaît. Après le contrôle des puces, je rentre dans le sas de départ. 3,2,1 partez. C’est donc parti par la piste cyclable qui longe une rivière. C’est plat et il faut en profiter, ça va pas durer. Une pause technique et me voilà dernier. Wouah !! c’est pas cool, je force le rythme et me cale dans le milieu du peloton qui commence à s’étirer. On arrive à Aime la Plagne et on emprunte la route qui monte vers les stations de la Plagne. Il y a un peu de public et je ne veux pas perdre la face. Je trouve le rythme déjà bien élevé mais tout le monde court. Moi aussi, mais je trouve que ça va bien trop vite. Enfin on quitte la route et on attaque un sentier en sous bois. Terrible. Ca bouchonne un peu mais ça grimpe trop dur pour doubler. Mon coeur s’emballe, je suis en nage. Et ça va durer jusqu’à La Plagne 2000. C’est plus de la rando sportive que de la course. Je n’arrive pas à courir et je me demande comment font les premiers. Le haut de cette première montée est plus irrégulier et permet quelques temps de récup. Enfin une descente pour traverser la station. Une pause express au ravito et ça repart pour une portion vallonnée qui permet de se remettre doucement à courir. On arrive ensuite à un lac et un joli passage technique qui permet d’apercevoir le col. L’environnement est complètement dégagé depuis qu’on a quitté la station et, les pistes de 4*4 l’été, et sûrement de ski l’hiver ont complètement défoncé le paysage. C’est d’ailleurs par une de ses pistes qui doit s’apparenter à une autoroute à ski l’hiver, que l’on passe au sommet du col. Enfin une belle et vrai descente pendant 2 kilo. Moi qui ai cru un instant que le sommet, le vrai était à ce col, je vais pas être déçu. Descente donc, jusqu’au ravitaillement avec une vue imprenable sur le sommet, le glacier de Bellecombe. Les sensations sont pas super dans la descente, je me fais pas mal doubler. Au ravito, c’est l’endroit ou l’on croise les premiers. Il faut faire en fait une boucle pour passer au sommet du glacier (3000 m) et revenir à ce ravito pour enfin attaquer le chemin du retour. Donc au ravito, je vois descendre une furie. Corinne Favre redescend elle du glacier. Elle est deuxième féminine (ce n’est pas habituel pour elle) mais ça grande spécialité, c’est la descente. Il paraît que c’est très impressionnant d’efficacité. Elle repart à gauche pendant que moi, je repars sur un petit rythme à droite. Je passe devant un téléphérique et je m’apprête à attaquer la montée finale. Si tout à l’heure les pistes étaient des autoroutes à ski, là c’est des champs de cailloux, de plus en plus raide. C’est très très dur, et le final s’apparente à de l’escalade. La chute est interdite sous peine de se retrouver 200m plus bas. Je m’accroche aux cailloux, essayent de suivre les pas de mes prédécesseurs et c’est le soulagement : je suis au sommet, accueilli par un public assez nombreux pour un sommet à 3000m.. Je poursuis par la traversée du glacier. Je pensais et rêvais de marcher sur la neige mais la météo clémente à fait fondre ce dernier et nous nous contenterons d’enjamber quelques torrents. Encore un petit effort pour passer un petit col et c’est la descente infernale vers le ravito. Je me lance donc prudemment, en freinant un maximum, essayant d’amortir le plus possible. Pas de folie, je ne coupe pas les virages et malgré ça, je commence à doubler quelques concurrents. La descente est très technique jusqu’au ravito. Je fais le plein du camelbag et c’est parti pour une belle descente au milieu des prairies alpestres. Les chemins sont plus plaisants que plus tôt dans la matinée, et souvent, 2 ou 3 chemins s’offrent à moi, au choix. Pas de risque de se perdre, simplement faire un choix pour prendre le moins cassant, le plus court, le plus roulant. Ces chemins se rejoignent quelques dizaines de mètres plus loin et ça recommence ainsi pendant une bonne partie de la descente.

Arrive ensuite la première mauvaise nouvelle de la journée : le col de ......... Un détail par rapport au dénivelé accumulé jusqu’alors mais un vrai calvaire en réalité. J’étais sur un bon rythme dans la descente, je doublais régulièrement des coureurs et là, le coup d’arrêt. C’est un GR qui serpente jusqu’au sommet en laissant sur la gauche un petit lac, mais les organisateurs ont du estimer que c’était trop long, et ils nous font monter droit dans la pente. Dur dur. Enfin, c’est le sommet et l’avenir me promet une belle et longue descente jusqu’au plan d’eau de Macot. Il faut d’abord passer par la Plagne Bellecombe, la station ou nous avons retiré le dossard la veille (et accessoirement dégusté une bonne crêpe en terrasse). C’est une plongée à travers l’alpage. Les cuisses commencent à brûler mais je suis encore efficace et je continue à doubler. Au pointage de Bellecombe, je suis 195ème/500 environ. Je repars, un coup de fil rapide à Sandra qui m’attends à l’arrivée. Il reste 10 Km, et en un rapide calcul, je me dis que je serais arrivé d’ici 1h, 1h15. L’erreur. En fait c’est pas 10 Km de descente mais 5 Km de plat qui remonte même parfois puis 5 Km de descente vertigineuse jusqu’à l’arrivée. Et donc, là, c’est la tuile. J’étais déjà « psychologiquement » arrivée et quand je vois le chemin, serpenter et partir vers la droite, puis remonté, je craque. Impossible de courir. Je vois revenir et me passer un à un tous les descendeurs de tout à l’heure. Après un calvaire de 5 kilomètres ou j’ai du courir ... 1 Km enfin la descente. Droit dans la pente. C’est simple. Il y a une route qui descend en lacet et nous on coupe droit. Tout les 200m, on coupe la route et je me met à apprécier les 5m de plats qui constitue la traversée de la route. Je suis mal, de plus en plus mal. Tout les 200m, il y a un signaleur qui bloque les véhicules. Et un sur deux me dit « Ca va ?, c’est sur ? » Je fais si peur que ça ? Je comprends pourquoi, je sais plus ou, j’ai lu que certains coureurs, pour moins souffrir des cuisses, descendaient cette pente infernale. en marche arrière. Je contrôle plus grand chose et j’arrive enfin, au abord du plan d’eau. C’est fini. Je me laisse doubler par qui veut bien. Je l’ai fait. Je savoure. Un tour du plan d’eau au milieu des baigneurs qui doivent pas trop comprendre d’où l’on vient. Sandra est là. Le meilleur remède. Je vais déjà mieux. 7h 19’ et 250 environ / 500.

Par yoyo
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